jeudi 13 juin 2013

Aimer manger, une malédiction ?


Susy Morgenstern s'est battue toute sa vie contre son poids et son irrépressible envie de manger. Elle passe en revue son enfance, son comportement alimentaire similaire à celui de ses soeurs qui organisaient des descentes dans le frigo ou les salons de thé. Elle évoque les multiples régimes auxquels elle s'est astreinte et cette honte qui l'assaille chaque fois qu'elle succombe. Elle ne connaît pas la faim mais elle est gourmande et a un appétit irrépressible pour la vie.                   Ce texte très touchant fait partie d'une collection où de grands auteurs jeunesse parlent de leurs problèmes à l'adolescence. Susy Morgenstern explique ses tiraillements intérieurs qui aujourd'hui encore ne sont pas résolus. Cette obsession du poids est également à l'origine de sa vocation d'écrivain puisque son premier texte s'appelle La grosse patate. Pas facile d'être gros dans un monde où la minceur est érigée en canon de beauté. On pense toujours que quelqu'un de gros n'a pas de volonté mais la nourriture est une addiction comme une autre et tout aussi dangereuse.Confession d'une grosse patate, Susy Morgenstern, La Martinière 2003



samedi 8 juin 2013

Cinq et non pas quatre


Les soeurs Verdelaine ne sont pas 4 mais bien 5. Enid, 9 ans, qui affectionne les animaux et possède un monde imaginaire à elle ; Hortense, 11 ans, qui a toujours un livre à la main ; Bettina, 14 ans, l'empêcheuse de tourner en rond, accro à la mode et aux garçons ; Geneviève, 16 ans, qui sous des dehors paisible s'adonne à la boxe thaïe. Tout ce petit monde a sa vie orchestrée par Charlie, 23 ans, contrainte d'abandonner ses études pour travailler et faire vivre sa fratrie. Les soeurs Verdelaine ont perdu leurs parents dans un accident de voiture et vivent seules dans la maison familiale, la Vill'Hervé, au bord de la falaise.L'humour, le plaisir des mots, les joutes verbales sont un bonheur constant. Chaque tome porte sur une des soeurs et reflète bien les préoccupation de son âge. De la quête aventureuse d'Enid qui découvre le secret de la vieille maison, en passant par l'amitié, les premières amours. Malgré leurs mésententes, les soeurs sont très soudées et la famille fait front devant l'adversité. Toutes voient et parlent aux fantômes de leurs parents défunts sans jamais se l'avouer. Ce n'est que lorsqu'elles sont prêtes à tourner une nouvelle page de leur vie que leurs parents prennent congé.
Ces romans ne sont pas sans me rappeler les Quatre filles du docteur March ou certains livres de la collection rose. Il y a un petit parfum rétro qui m'a beaucoup plu et m'a fait replonger dans mes souvenirs de lecture, enfant. Au final, un très bon moment de lecture avec des personnages haut en couleur et attachants.
Quatre soeurs, Malika Ferdjoukh, Ecole des Loisirs, 2010

vendredi 31 mai 2013

Paradis virtuels


Serge est sur la route des vacances avec son fils Goran lorsqu'il est appelé en urgence. En tant que membre du bureau des stupéfiants, il doit se rendre au domicile du gouverneur de la France dont la fille a fait une overdose et se trouve dans le coma. Goran en tombe amoureux aussitôt et n'a de cesse de se procurer cette drogue pour la rejoindre dans l'E-den. Malheureusement, il se trouve lui aussi piégé. Serge, prêt à tout pour sauver son fils, fait sortir de prison Sylvia, une dangereuse scientifique, qu'il avait arrêtée quelques années auparavant. 
Saura-t-elle déjouer les mécanismes de cette nouvelle drogue qui provoque le coma et conduit ceux qui la consomment à rester enfermés dans leur esprit sur un serveur appelé E-den ? Dans ce monde, tout est plus beau, plus fort, plus intense. Des nano-robots agissent sur les zones du cerveau des sensations, de la communication, du rêve et vous rendent accros dès la première prise. C'est la drogue parfaite !
Cet excellent livre autour de la drogue et des mondes virtuels fait froid dans le dos. Les nano-technologies ne sont pas un mythe et rendent cette histoire extrêmement crédible. Ce livre écrit à quatre mains est réussi.
E-den, Mikaël Ollivier et Raymond Clarinard, Thierry Magnier, 2004

mardi 28 mai 2013

Une avalanche de mensonges


Marie et sa famille déménagent à Chevreuse en région parisienne. Son père vient d'obtenir une belle promotion et un logement de fonction. En cette fin de mois d'août, leurs voisins rentrent de vacances. Par peur de passer pour une provinciale, Marie, alias Daphnée du Maurier, se lance dans des mensonges plus rocambolesques les uns que les autres. Son père, pour rencontrer ses futurs collègues et voisins, organise un barbecue. Marie risque vraiment gros...
Très drôle, les mensonges les plus ahurissants sont racontés et répandus entre les adultes. Enfants comme parents veulent donne une bonne image d'eux-mêmes et faire bonne impression. Du coup, Marie surprend son père à mentir à un voisin à propos de leur vieille voiture pour faire bonne figure et se dépêche de convaincre sa femme d'acheter le monospace que tout le monde possède dans la résidence.
Tout le roman tourne autour de la question des apparences et c'est très bien sur le plan des relations humaines. Je vous laisse découvrir de quelle façon Marie a bien pu s'en sortir... bonne lecture !
Tu sais quoi ?, Mikaël Ollivier, Thierry Magnier, 2002

dimanche 26 mai 2013

Le choc des cultures


Hugo suit ses parents à Mayotte. Ils y partent pour enseigner le français pour une période de deux ans qui en deviendront quatre, un peu par conviction au départ et surtout pour l'argent par la suite. Ils ne comprennent rien à cette île, ne s'intègrent pas et ne le veulent pas. Nouveaux colons, ils appartiennent au groupe de Blancs, qui même en territoire français, se considèrent plus ou moins consciemment comme supérieurs aux Mahorais, noirs, musulmans et polygames.
Hugo n'aime pas cette vie et va se faire piéger par les charmes de l'île. L'enfance est très courte à Mayotte, on devient adulte très vite et les filles à 15 ans sont des femmes. Il s'abandonne dans les bras de la belle Zaïnada. Lorsque celle-ci lui annonce qu'elle attend un enfant, Hugo va se retrancher dans sa position d'enfant privilégié. Après l'avoir avoué à ses parents, il est immédiatement expédié chez ses grands-parents en France.
Ce séjour dans une région pauvre aux moeurs différentes ne laisse pas indemne Hugo. Encore enfant là-bas, il est beaucoup plus mûr que ses camarades de collège. Il se met à rejeter violemment la société de consommation et cette vie étriquée. Hugo refuse le mode de vie de sa soeur et de ses parents pour militer pour une association anti-publicité. Très marqué par Albert Cossery, il se promet surtout de rester un homme libre et il sait que ce sera difficile.
J'ai eu un immense coup de coeur pour ce livre, qui aborde énormément de questions de société et d'éthique personnelle avec des mots simples mais qui portent. 
Tout doit disparaître, Mikaël Ollivier, Thierry Magnier, 2007