jeudi 19 mai 2011

La vengeance est plat qui se mange froid

Alex, une jolie jeune femme, se fait enlever dans la rue. Elle est séquestrée dans des conditions abominables par un homme qui veut la voir mourir. Le commissaire Camille Verhoeven est chargé de l'affaire. Contre son gré, il revient sur le devant de la scène après les sombres événements de Travail soigné.
Si vous pensez aborder un thriller tout ce qu'il y a de plus conventionnel, détrompez-vous ! Les rebondissements sont nombreux et inattendus, et c'est la grande force de Pierre Lemaitre dont les intrigues sont toujours très bien construites. Certaines scènes pourront être trop violentes pour certains, néanmoins le coup de théâtre final est réussi. 
Alex, Pierre Lemaitre, Albin Michel, 2011

Voir Berlin et survivre

De 1936 à 1947, Bernie Gunther, ancien policier de la Kripo devenu détective privé, tente d'exercer son métier de son mieux dans le Berlin nazi. Trois romans, trois enquêtes avec des cadres historiques bien plantés : les Jeux Olympiques, la nuit de Cristal, Berlin et Vienne en ruines, objets de toutes les convoitises. Témoin cynique et impuissant, Gunther essaye de survivre et n'échappe pas à certaines compromissions, mais malgré la tourmente, il préserve certaines valeurs humaines.
Philip Kerr décrit très bien l'ambiance angoissante de ces années noires ainsi que la mécanique implacable qui se met en place. L'atmosphère de l'après-guerre, les prémices de la Guerre Froide, la difficile reconstruction d'un pays exsangue sont également bien rendus. C'est cette dimension historique qui fait la force de cette trilogie, car du point de vue des intrigues, seule La pâle figure est vraiment aboutie. L'été de cristal a une trame un peu trop prévisible et le Requiem allemand relève davantage du roman d'espionnage que du roman noir.
 Philip Kerr, Trilogie Berlinoise, Livre de Poche, 2010

samedi 14 mai 2011

Le Vieux Royaume

Dans le Vieux Royaume vivaient un roi orgueilleux rongé par les cauchemars, un chevalier incorruptible, un assassin astucieux, un copiste malchanceux, un barbare tourmenté, un jolie paysanne, des fantômes errants, un prêtre au coeur de l'obscurité. Chaque nouvelle décrit par petites touches ce monde qui prend corps au fur et à mesure des récits. Ce sont ses croyances, ses légendes mais aussi les intrigues qui se nouent, qui donnent d'autant plus d'attrait aux histoires de ce recueil. La langue est très belle et les nombreuses descriptions ont un grand pouvoir évocateur. Même après sa lecture, on reste sous le charme de ce très beau livre
Jean-Philippe Jaworski, Janua Vera, Folio, 2009

Où est la femme de ménage ?

 Deux femmes vivent seules dans une belle demeure à la campagne. L'une est veuve depuis peu et s'est attachée à Marie-Jeanne, la nièce de son mari, une jeune femme vive et sensuelle. Pourtant cette liaison ne semble plus convenir à la veuve qui se détache de Marie-Jeanne et s'agace du lien de dépendance qu'elle a crée et qu'elle entretient. Que restera-t-il de leurs amours ?
Ce premier roman est très bien écrit mais je n'ai pas été sensible à son charme. Les états d'âme tortueux et la cruauté de la veuve m'ont laissé de marbre. Je suis restée spectatrice du livre plus que lectrice. Quant à la femme de ménage, elle brille par son absence, si ce n'est qu'elle est le destinataire de cette longue confession...
A l'attention de la femme de ménage, Emilie Desvaux, Stock, 2011

mercredi 11 mai 2011

Le temps qui s'enfuit

La mer, le soleil, une plage un peu isolée, que peut-on rêver de mieux pour ses vacances d'été ? Pourtant, les différents personnages qui se retrouvent sur cette crique vont être pris au piège d'un événement fantastique. Le temps se met à s'accélérer : les minutes s'égrainent comme des mois et les heures comme des années. Pris au piège, chacun dévoile ce qu'il a au plus profond de lui : de la plus intense noirceur à l'amour le plus profond. Leur destin est inexorable, comme celui de chaque homme. Vient le moment où les derniers grains de sable s'écoulent du sablier.
Ce récit fantastique m'a beaucoup secouée par son côté âpre et mordant. Je suis restée un peu sonnée à la fin de ma lecture. Sa conclusion est inéluctable pour tous mais c'est à chacun de faire en sorte que sa vie soit belle et intensément vécue. Carpe diem.
Château de sable, Pierre-Oscar Levy et Frederick Peeters, Atrabile, 2010